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Les résultats de ventes aux enchères d'Art Primitif en Afrique triés par prix croissant.

<br>Soufflet de forgeron Luba<br>
République Démocratique du Congo<br><br>

Bois dur à ancienne patine d usage, fer, accidents<br>

Hauteur : 80 cm (31 1/2 in.)<br>

Importante sculpture à quatre alvéoles circulaires concaves autrefois couverts de cuir.
La prise en crosse est ornée d une élégante tête humaine de forme losangée à face galbée dont les traits fins sont estompés par les manipulations ; elle s inscrit sur le long cou arqué, incisé d une succession d encoches évoquant peut-être la colonne vertébrale du corps dont cet objet est une représentation stylisée. Un clou de fer enfoncé derrière la tête, sous la natte brisée, renforçait sans doute son pouvoir magique. <br><br>Ce remarquable soufflet devait appartenir au forgeron d un grand roi tant le raffinement et l équilibre de ses formes sont exceptionnels. De plus, de tels objets étaient toujours liés au pouvoir royal dont le fer était un attribut majeur.<br><br>

Note :<br>  Mary Nooter Roberts, Allen F. Roberts, Memory - Luba Art and the Making of History, New York, The Museum for African Art, un exemplaire de même type reproduit p. 60<br><br>
Important sculpture with four circular concave hollows formerly covered in leather. The handle is ornamented with an elegant, diamond-shaped human head, the delicate features of its curved face worn away after much use ; the head sits on a long, arched neck, incised with a row of notches, perhaps the spinal chord of the body of which this object is a stylized representation. An iron nail driven into the back of the head under the worn braid is undoubtedly meant to increase the object s magical powers. The delicacy and the balance of its forms is such that this remarkable bellows must have belonged to the blacksmith of a great king ; moreover, objects like this were always linked to royal power and iron was one of its major attributes.<br><br>
<br>Maternité Yombe<br>
République Démocratique du Congo, Angola<br><br>

Bois à patine beige clair, verre<br>

Hauteur : 36 cm (14 in.)<br><br>

Provenance :<br>
- Vente Hôtel Drouot, Paris, 23 septembre 1930, n° 163<br>
- Ancienne collection Félix Fénéon<br>
- Vente Delorme et Fraysse, Paris, 15 décembre 2000, n° 59, reproduit<br><br>

Rare et belle représentation d une mère à l enfant dite Phemba.<br>
Assise en tailleur sur un petit coffre sculpté en léger relief de décors géométriques, elle tient, allongé sur ses genoux, un enfant portant comme elle la coiffe Phemba. Sa main gauche soutient la tête de l enfant au visage serein ; les yeux sont clos. Le buste, inscrit en creux, est orné d une ceinture. Les seins généreux et lourds, signe de fécondité, sont soutenus par un cordon noué au milieu du sillon. Au dessus, un entrelacs de belles scarifications. Le cou est orné d un collier de perles. La tête se caractérise par des yeux incrustés de verre, une bouche aux lèvres ourlées entrouvertes sur de petites dents taillées en pointes.<br><br>
L expression du visage est figée, hiératique ; les yeux semblent regarder un au-delà. Le sommet de la tête est sculpté d une coiffure en forme de mitre noircie. Le long dos courbe est entièrement recouvert de scarifications. Sous la base, une étiquette « n° 163, vente 29 mars 1930. Statuette de la Maternité. Jeune femme tenant sur ses genoux son enfant couché. Congo Belge. H. O. 36 ».<br><br>

Note : <br> Raoul Lehuard, Les Phemba du Mayombe, Collection Art d Afrique Noire, Arnouville, 1977<br><br>

A rare, beautiful representation of a mother and child called a "Phemba". Sitting cross-legged on a small chest sculpted with geometrical patterns in shallow relief, she holds a child wearing the same headdress, the Phemba as she lying across her lap. Her left hand supports the head of the child with its serene face and half-closed eyes.
The torso leans inward and is ornamented with a belt. The breasts are large and heavy-a sign of fecundity-and are supported by a band knotted in the middle. Above are beautiful interlacing scarifications. She wears a pearl necklace around her neck. The head is distinguished by glass-encrusted eyes, well-defined lips on a mouth which is slightly open to reveal small pointed teeth. The expression on the face is static and hieratic ; the eyes seem to be fixed on some point beyond time and space. The crown of the head is sculpted with a coiffure in the form of a blackened miter. The long curved back is entirely covered with scarifications. Under the base is a label : "n° 163, vente 29 mars 1930. Statuette de la Maternité. Jeune femme tenant sur ses genoux son enfant couché. Congo Belge. H. O. 36" (n° 163, Sale 29 March 1930. Motherhood Statuette. Young woman with her child lying across her lap. Belgian Congo. H. O. 36.)<br><br>
<br>Tête de prêtre provenant d une statue, <br>représentant le portrait d un homme d âge mûr. <br>Le crâne est complètement rasé et laisse apparaître l ossature prononcée. Les rides sont très marquées entre les sourcils, autour des yeux et de la bouche ; les pommettes sont pleines et légèrement affaissées ; les joues sont creuses. Les yeux fins sont légèrement étirés vers les tempes.
Diorite noire. Léger dépôt calcaire. Éclats et usure visibles, sinon très belle conservation.<br><br>
Egypte, début de l Époque Ptolémaïque.<br>
Haut. : 17,5 cm<br><br>

Cette tête est stylistiquement très proche d une tête conservée<br> au musée de Berlin (inv. Nr. 255)<br><br>
<br />COUPLE BAOULÉBAULE COUPLERÉGION DE TOUMODI, <br />CÔTE D'IVOIRE<br /><br />Bois, perles, bronze<br />Hauteurs: 48 et 49 cm.<br />$ 14,000-20,000<br /><br />PROVENANCE : <br /> - Charles Ratton, Paris, France (# 4768 et 4769)<br /> - Collection Madeleine Meunier, Paris, France, avant 1964<br /><br />Sculptés dans un style expressif que Charles Ratton appelait: «gros yeux», l'homme et la femme se tiennent chacun sur une base carrée décorée de motifs géométriques, leurs bras plaqués à l'abdomen expriment la satisfaction. La représentation de ces deux notables, ce qu'indiquent les visages imposants, les coiffures sophistiquées et la riche décoration de scarifications, est rare dans la statuaire Baoulé. L'originalité du travail du sculpteur permet de penser que ces statues sont des portraits et non des objets banals commandés à un sculpteur travaillant en série.Une figure masculine du même sculpteur a été acquise par Gustave et Franyo Schindler auprès d'Hélène et Henri Kamer, ca. 1960 (cf.Masks and Sculptures from the Collection of Gustave and Franyo Schindler, New York, Museum of Primitive Art, 1966, #49; & de Grunne B., Baule. From the Ivory Coast, Bruxelles, 2016, pp. 24-25, #04). <br /><br />La tête de cette figure assise, aussi disproportionnée, est presque identique. On y trouve en effet toutes les caractéristiques typiques de ce maître: sourcils prononcés et élevés, grands yeux ouverts ovales avec de grandes paupières supérieures, un pont nasal étroit avec un grand nez rond et narines percées, une bouche charnue aux lèvres en forme de 8, motifs de scarification rectangulaire en diagonale sur les joues et une barbe complexe avec trois tresses (également cassées sur la statue Schindler). <br /><br />Le corps présente un même niveau de naturalisme dans son exécution. Les mains sur le ventre du torse étiré et les jambes légèrement fléchies, avec des mollets aux muscles saillants, reposant sur des pieds plats.<br /><br />Le Musée d'Abidjan conserve une maternité collectée par Holas dans les années 1950 qui présente une coiffure assez proche de celle de la femme (cf. Holas B., Arts de la Côte d'Ivoire. Les trésors du Musée d'Abidjan, Vevey, 1969, couverture)<br /><br />
<br />TÊTE KUYUKUYU HEADRÉPUBLIQUE DU CONGO<br /><br />Bois<br />Hauteur: 28,5 cm.<br />$ 68,000-91,000<br /><br />PROVENANCE : <br /> - Collecté par Aristide Courtois, avant 1938<br /><br />Numéro d'inventaire: 2459/3 à l'encre blanche<br /> - Collection Madeleine Meunier, Paris, France, avant 1964<br /><br />PUBLICATION : <br /> Bénézech A.M., L'art des Kouyou-Mbochi de la République Populaire du Congo. Tradition Artistique et histoire, Thèse d'anthropologie de l'art, Université Paris 1 Sorbonne, 1989, tome 4, p. 602, n° 29.Bénézech A.M., L'anthropologie de l'art, pourquoi faire, Arts d'Afrique Noire, no 86, 1993 Cf. Ader-Picard-Tajan, Drouot-Montaigne, Paris, 16 octobre 1989, lot 54, pour une tête du même sculpteur collecté par le gouverneur Georges Thomann vers 1910  Aristide Courtois, le découvreur Par Pierre Amrouche  Administrateur des colonies jusqu'en 1938 dans ce qui s'appelait alors le Moyen-Congo, soit aujourd'hui la République du Congo, dite aussi Congo-Brazza, Aristide Courtois premier mari de Madeleine Meunier, a rapporté de nombreux et exceptionnels objets Kuyu, des statues et des masques. Les quatre pièces de cette vente proviennent de lui, elles ont fait aussi partie du fonds Charles Ratton.Ces quatre objets, deux statues et deux têtes ou marottes, ont été étudiés et répertoriés par Anne-Marie Bénézech dans sa thèse d'anthropologie de l'art Paris-Sorbonne 1989. Dans son introduction elle souligne les qualités humanistes de Courtois et sa popularité auprès des populations qu'il avait en charge d'administrer, prenant à coeur de les soigner et de supprimer le trafic d'esclaves vers les pays arabes encore en cours à cette époque.De tous les administrateurs coloniaux Courtois est celui qui a rapporté le plus d'objets importants d'Afrique-Centrale.On lui doit les masques Kwélé, les statues Ambété, les masques Mahongwé, et les plus importantes pièces Kuyu.Il est aussi celui qui a le plus commercé avec ces objets, Paul Guillaume fut son premier grand acheteur suivi par Charles Ratton et Pierre Vérité.Aujourd'hui les grands musées du monde ont tous un objet Courtois dans leurs vitrines, et les collections privées de même.Les têtes marottes sont des figures de masques utilisées pour la danse du kébé-kébé, le porteur entièrement couvert d'un grand costume évolue en faisant des mouvements acrobatiques.Toutes les indications suivantes proviennent de la thèse d'Anne-Marie Bénézech<br /><br />
<br>Shaouabti au nom du scribe des armées Houy .<br><br>
Il est momiforme, coiffé de la perruque tripartite autrefois rayée dégageant les oreilles percées, et paré d un collier ousekh à trois rangs.<br><br>
Il tient avec les instruments aratoires (houe et hoyau) un sac trapézoïdal sous chaque main. Les jambes sont gravées de onze lignes d inscription en caractères hiéroglyphiques (Chap. VI) où le nom et titre du propriétaire sont mentionnés trois fois. <br><br>Le visage est particulièrement soigné et élégant <br>avec des yeux en amande caractéristiques de la fin de la XVIIIe dynastie.<br>
Calcaire blanc et traces de pigment ocre-rouge.<br>
Dépôt calcaire. <br>Cassure au niveau des chevilles, <br>usure du pigment, sinon très belle conservation.<br><br>

Égypte, Nouvel Empire, fin de la XVIIIe dynastie.<br>
Haut. : 27,8 cm.<br><br>

Bibliographie :<br>
P.M. Chevereau, Prosopographie des cadres militaires du Nouvel Empire , Paris, 2001, où sont mentionnés deux personnages portant ce nom (Houy) et ce titre (scribe des armées) ; l un est représenté par une stèle conservée au musée de Stuttgart, l autre par une stèle au musée de Berlin.<br><br>
<br>Effigie d ancêtre à reliquaire Bwende
<br>République Démocratique du Congo,<br> République Populaire du Congo<br><br>

Bois dur, résine, ancienne patine d usage, accidents<br>
Hauteur : 23 cm<br><br>

Bibliographie : <br> Raoul Lehuard, Art Bakongo, les centres de style, vol.1, page 183, n° B 2-3, reproduit, et détail du bras page 107, reproduit<br><br>

Exceptionnelle statuette médecine, homme debout, les bras pliés devant lui, les jambes fléchies. Il porte sur le crâne une charge magique en résine contenant des reliques, son anus évidé servait aussi à contenir des substances magiques. La tête, au menton prognathe barbu, est ornée de belles scarifications obliques, elle est coiffée d un bonnet à décor concentrique émergeant de la charge. Sur la nuque un quadrillage losangé dessine les cheveux. Deux fragments de faïence marquent les yeux. Le cou est marqué d une pomme d Adam saillante. Le buste sur ses deux faces est historié de scarifications, en fins losanges au dos, et sur les épaules. Sur l abdomen une large tresse s élève du pubis à la poitrine englobant l ombilic et bordée en réserve de motifs triangulaires. <br>Deux rosaces soulignent les biceps. <br>La poitrine et le sexe sont bien marqués.<br> Les extrémités sont soignées.<br><br>
Cette très ancienne statuette, très probablement tôt dans le XIXème siècle, est remarquable par la qualité de son essence et de sa patine, la finesse de l exécution et ses proportions harmonieuses : l assise, les larges épaules, la musculature des membres.<br><br>
Note : <br> Dans son étude des styles Bwende, Raoul Lehuard (op. cit. pages 171 à 191), distingue quatre sous-styles principaux, celui-ci appartenant au type B2, comparé à la statuette du Musée Lafaille de La Rochelle, à celui de la collection Clark Stillman, et à celui du Philadelphia University Museum. Il met en évidence … comme particularité stylistique de la statuaire Bwende l empattement des épaules et l ampleur des membres supérieurs inscrits dans un rectangle démesuré dont la longueur s intègre un peu plus de deux fois dans la hauteur totale du personnage… . La statuette de la collection de Thézy présente des caractéristiques stylistiques telles que son tatouage deltoïdien a été choisi par Raoul Lehuard comme exemple. Sa coiffure conique est, elle aussi, digne d attention, bien qu elle soit malheureusement pratiquement totalement occultée par la charge magique.<br><br>
<br>PHEMBA, YOMBE, REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO<br><br>

Rare maternité au visage finement sculpté
et aux yeux incrustés de verre surmonté d\ une coiffe oblongue.
La bouche aux lèvres ourlées, légèrement entrouverte, laisse apparaître des dents dont les deux incisives sont limées. Le cou est orné d\ un collier sculpté de deux rangs.<br><br>
Elle se tient assise, en tailleur, les bras le long du corps et les paumes ouvertes posées sur les genoux dans lesquelles repose son enfant. La poitrine en relief est comprimée par un lien faisant saillir ses seins. Le dos est entièrement et finement sculpté présentant de belles scarifications en relief en forme de cauries pour la partie haute et de losanges pour la partie basse.<br>
Bois dur à patine brun clair <br>(petit manque à l\ oreille droite et fentes)<br>
H : 32,5 cm<br><br>

Provenance : <br> - Offert par la famille des Brazza-Cergneu-Savorgnano <br>au père de l\ actuel propriétaire.<br><br>
<br>Terre cuite Ashanti
Ghana<br><br>
Accidents, manques<br>
Hauteur : 30 cm<br><br>

Bibliographie :<br> Gérald Berjonneau et Jean-Louis Sonnery, Chefs-d œuvre inédits de l Afrique Noire, Editions Bordas, 1987, page 85, reproduit<br><br>

Belle tête funéraire à haute coiffe sophistiquée composée de chignons et de tresses où sont inclus des bijoux modelés dans la matière ou appliqués. Sous le large front bombé, le visage est fin, réduit dans un espace triangulaire, les yeux fendus en grain de café, le nez court aux narines ouvertes, la bouche pincée. Deux oreilles en relief encadrent le bas de la face. Large cou annelé.
Très bel exemple de l art funéraire ashanti dont les proportions exceptionnelles sont harmonieuses. L expression est pleine de sérénité.<br><br>
<br>Statue d ancêtre Bamana
Mali<br><br>

Bois dur à patine suintante, <br>accidents et manques, <br>restitution des pieds<br>
Hauteur : 118,1 cm<br><br>

Provenance : <br> - Ancienne collection Jacob Weintraub, New York<br><br>
Importante et rare statue masculine liée au culte du Jo et du Gwan, elle représente un homme debout tenant de la main gauche une corne magique, la main droite tenait probablement une lance. La sculpture est longiligne, la tête est fine, entourée de trois nattes et coiffée d une mitre quadrillée, elle s érige sur un cou cylindrique. Les épaules larges sont effilées, le buste très long se termine par un renflement abdominal orné d un ombilic saillant. Les bras détachés du corps sont pliés à hauteur du sternum. Les hanches étroites et le fessier arrondi sont couverts d un vêtement s arrêtant à mi-jambes. Les pieds sont ébauchés.<br><br>
Le visage serein est orné de fines scarifications gravées traçant des triangles au front et des balafres obliques aux joues, on retrouve cette ornementation sur toute la statue où elle trace le même décor géométrique, dessinant aussi des amulettes sur la poitrine, aux épaules, entre les omoplates et aux flancs. De plus, sur le flanc gauche, un animal cornu stylisé est gravé indiquant peut-être la qualité de chasseur de l homme représenté. Des traces et des épaisseurs d huile sont visibles sur de nombreuses parties de la sculpture, noircissant le bois là où elles se sont accumulées avec le temps, en particulier au niveau du cou, des avant-bras, à la saignée des coudes et aux hanches.<br><br>
Note : <br> C est au début des années 50 que sont apparues en Europe et aux U.S.A. plusieurs statues de ce type, le premier à les publier fut Robert Godlwater en 1960 lors de l exposition Bambara Sculpture from Western Sudan au Museum of Primitive Art de New York, où il reproduit huit statues attribuées au district de Bougonni. Plus tard, Kate Ezra en 1986 fit une analyse poussée de ces objets, mettant en évidence leurs caractéristiques et leur rôle, et les rituels qui les entourent dans la société initiatique du Jo et du Gwan. Elle explique que lors des cérémonies annuelles, ces statues étaient lavées puis enduites d huile de palme ou de beurre de karité. La répétition de ce traitement rituel expliquant la patine si particulière de ces objets dont le bois dur au grain serré est comme poli par des générations d adorateurs. Selon Kate Ezra (1986, page 7), ces statues illustrent l idéal de la beauté Bamana. La statue de la collection Weintraub pourrait être de la même main que la maternité de l ancienne collection Schindler( Ezra, 1986, page 27, n° 33, reproduit), aujourd hui dans la collection Ziff ;l ornementation des deux pièces, les fines scarifications et le traitement très concentré des traits du visage présentent en effet d importantes similitudes, tout comme la forme si particulière des épaules effilées.<br><br>
<br>Masque Igbo Agbogho Mmuo
Nigéria<br><br>

Bois polychrome en noir et blanc <br>Accidents, manques<br>
Hauteur : 44 cm<br><br>

Bibliographie :<br>
Museum and Laboratories of Ethnic Arts and Technology, Ralph C. Altman memorial exhibition, University of California, Los Angeles, 1968, n° 12, non reproduit
Contrasts : Tribal Sculpture of Nigeria, The Muckenthaler Cultural Center, 1969, reproduit en page de couverture et n° 40, p. 27
Teylhet-Fisk, Jehanne, Dimensions of Black, La Jolla Museum of Art, 1970, n° 125, p. 39 reproduit<br><br>

Important masque à la face émaciée peinte en blanc, surmontée d une coiffe à cimier hémisphérique discoïdal. Cette coiffure est gravée de motifs circulaires et verticaux imitant des boucles et des tresses; de part et d autre du crâne deux peignes sont représentés. L ensemble est peint en noir bitumineux, en brun rouge et en blanc.<br><br>
Le visage est expressif et pur de lignes, les sourcils arqués et le nez recourbé sont élégants, la bouche ouverte montrant les dents est empreinte d une vigueur menaçante. De beaux tatouages en relief apparaissent au front et aux tempes où, au niveau des oreilles en demi-cercle, elles dessinent des rosaces.<br><br>
Ce très ancien masque Igbo (Ibo) de la collection William Moore a été l objet d une étude approfondie lors de sa mise en vente à New York, le 10 novembre 1987, chez Sotheby s, rédigée par Bernard de Grunne, expert de la vente :<br><br>
« Ce masque est indubitablement le plus raffiné et le plus délicatement sculpté de ce type Igbo ancien. Il appartient à un groupe de sept masques, tous rapportés d Afrique au début du siècle dernier et datant probablement des années 1850-1900. Le masque le plus proche de celui-ci se trouve au Museum d Histoire Naturelle Américain (Fagg et Elisofon, 1958, fig. 158). C est le masque le plus tôt documenté. Il a été acheté, avec un autre, à M. Hill en 1905. Deux autres du Museum de l université de Philadelphie ont été également acquis très tôt, un en 1912, l autre en 1926 (Wardwell, 1986, fig. 24b et p. 17 et 22). Deux autres se trouvent au Museum of Art de Manchester (Leuzinger, 1977, fig. 33) et au Museum de l université de Cambridge (Sadler, 1935, planche 21-22). Le septième se trouve dans les collections du Museum de Mankind à Londres (Bleakley, 1978, fig. 22). Le type le plus ancien est surmonté d un cimier, alors que les versions plus tardives, collectées dans les années 30 et plus tard, montrent souvent trois cimiers minutieusement décorés et l utilisation de différentes couleurs. Notre masque, le plus bel exemple de type ancien a été acheté par William Moore au marchand Sydney Burney à Londres en 1947. C est un exemple remarquable de l essence de la beauté féminine telle que la conçoit la société Igbo. D après Cole et Aniakor (1984, pp. 120-129), ce type de masque était porté par les danseurs masculins lors d une cérémonie appelée Udo agbogho ou « la renommée des vierges jeunes filles » qui avait lieu chaque année dans la partie septentrionale du pays Igbo. Le masque représente la jeune femme dans sa prime beauté. 
La jeune fille Igbo doit avoir une complexion pâle, des traits fins, comme un beau nez droit et une petite bouche aux dents bien dessinées, une coiffure élaborée en cimier de préférence et des tatouages faciaux pour accentuer ses traits. Elle est comparée à une « belle gouttelette d eau » et sa complexion pâle sera associée à l éclatante pureté de la craie blanche. Notre masque incarne parfaitement la prouesse artistique d un grand sculpteur Igbo qui a réussit à reproduire dans le bois l essence de leurs canons esthétiques. » <br><br>
<br>Importante statue de la déesse Ouadjyt <br>représentée sous forme humaine à tête de lionne.<br><br>
Elle est vêtue d’une longue robe fourreau et est assise sur un trône gravé, d’un côté, du faucon Horus surmonté du pschent, tenant le sceptre ouas et le signe ankh, assis devant une table garnie de pains et, de l’autre côté, de Ouadjyt assise devant une oie sacrifiée et tenant le sceptre ouadj. Seule une cinquantaine d’exemplaires de ce type de bronze votif sont connus. Elle est coiffée du disque solaire, flanqué d’un uraeus. A ses pieds, est inscrite une dédicace : « Dit par Horus de Pé et Ouadjyt que la vie et toute bonne santé soit donnée à … ». <br><br>Bronze à patine vert sombre lisse.<br> Petit éclat sur le disque solaire.<br> Egypte, Région de Bouto ( ?), XXVIe ou XXXe dynastie. <br>Hauteur : 52,5 cm. Prof : 24 cm <br><br> -
Ancienne collection Vatel. <br><br>Bibliographie : <br> Vandier J., « Ouadjet et l’Horus léontocéphale de Bouto » dans Fondation Piot,Monuments et Mémoire. LV(1967), p. 7 – 75. Coche C., « Une nouvelle statue de la déesse léontocéphale Ouadjeyt wp t3wy » dans Revue d’Egyptologie 22 (1970), p. 51-62. Aubert J. et L., Bronzes et or égyptiens, Paris, éd. Cybèle, 2001, p. 199 – 203.<br><br>
 <br>Figure de reliquaire MBULU NGULU KOTA, <br>groupe Obamba (Gabon).<br><br> Fonction: sculpture attachée sur le couvercle d'un panier en vannerie (appelé bwété) où étaient conservés les crânes des ancêtres fondateurs du clan. Matière: Bois à patine brun-noire, croûteuse par endroits, brillante à d'autres; fer, cuivre, laiton, matières végétales séchées. <br>H: 43,5 cm.<br> Epoque présumée par datation au C14: <br>XVII-XIXème siècles. <br>Etat de conservation:<br> dégâts anciens (in situ): <br>amputation de la partie inférieure, probablement dégradée par les xylophages. <br>Cassure sur le côté supérieur droit du losange, juste à la jonction du cou. Décollements, fentes et manques de placage métallique par endroits. <br>Restaurations: <br>Fixation ancienne des morceaux de laiton décollés.<br> Collage avec pose d'une cheville dans la masse du bois à l'endroit de la cassure (travail effectué par un spécialiste avant soclage). <br><br>Nota: <br> Cette exceptionnelle figure de reliquaire Kota est à rapprocher d'une des toutes premières connues, ayant appartenu à Paul Guillaume et ayant été publiée en 1918 dans le n°1 de la revue intitulée les Arts à Paris (voir reproduction en bas à droite). Elle semble même l'emporter en qualité sculpturale sur cette dernière, à la fois par la dynamique et la tension de ses lignes assouplies, par l'agencement subtil de ses volumes et par ses remarquables proportions. <br><br>Si les traitements des visages sont assez proches, l'expression de la sculpture présentée ici dépasse celle de la figure publiée dans la revue précitée, à la fois par l'émouvante sensibilité de sa face en forme de coeur très arrondi, la force de son regard, et surtout le mystère qui s'en dégage. Enfin, ces deux figures semblent être les seules à présenter un bas de visage recouvert de simples plaques de laiton, agrémentées seulement de deux ou trois lamelles de cuivre aplaties, juste au-dessous des yeux. Mais notons aussi l'exceptionnel bombé du front, caractéristique de notre oeuvre, et qui la distingue, semble-t-il, de toutes celles publiées à ce jour. <br><br>Au regard de ces deux particularités, il serait possible que la figure de reliquaire de l'ex-collection Paul Guillaume et celle de notre vacation soient antérieures à d'autres oeuvres publiées par la suite. Six d'entre elles ont été présentées dans l'exposition Mains de Maîtres qui s'est tenue à L'Espace Culturel BBL de Bruxelles en 2001, sous la direction de Bernard De Grunne. Toutes présentent un front moins bombé, mais surtout un bas de visage recouvert de nombreuses lamelles de cuivre aplaties. <br><br>D'ailleurs, les datations au C14 offrant les pourcentages les plus élevés ne situent-elles pas la création de notre figure de reliquaire entre 1632 et 1685 (à 40,3%) ou entre 1732 et 1808 (à 39,1%) ? Donc à une époque antérieure aux datations historiques supposées (1750-1860) pour les oeuvres présentant ces nombreuses lamelles de cuivre. Les figures de reliquaire Kota de ce type - dit «convexe/concave» du fait de l'inversion des volumes du visage (un front bombé surplombant une face en creux en forme de coeur) - seraient l'expression d'un même maître: «le Maître de la Sébé», la Sébé étant une rivière traversant le territoire Kota (Gabon). La résurgence de cette exceptionnelle figure de reliquaire Kota, vraisemblablement sculptée par le Maître de la Sébé en personne, et qui rejoint assurément les plus anciennes sculptures d'art tribal africain connues à ce jour, devrait nous en convaincre. Enfin, il semblerait que seules trois oeuvres de ce Maître aient été proposées aux enchères au cours des 32 années passées: en 1979, 1983 et 1988. La figure vendue en 2008, de style convexe/concave, n'était pas de cet artiste mais du groupe dit «Rubinstein- Rosenthal» (Cf. ci-après bibliographie). En conclusion, et comme le note Bernard De Grunne dans son commentaire consacré à cette dernière: «D'après les recherches et l'analyse des styles Kota se référant aux archives de Guy van Rijn de l'Université de Yale, il y a plus de 2.000 figures de reliquaire Kota connues. Sur ce nombre, il existe moins de dix figures du Maître de la Sébé...».<br> Personnellement j'en ai répertorié huit, à savoir: celle publiée par P. Guillaume en 1918, celle vendue aux enchères en 1979 (mais j'ignore où se trouvent ces deux oeuvres aujourd'hui) et les six exposées à Bruxelles (reproductions ci-dessus en noir et blanc) provenant, à l'époque, des collections: Sydney et Bernice Clyman, New York (n° 37), Joyce et Aaron Furman (n° 38), Collection privée, Toronto (n° 39), Collection Felix, Bruxelles (n° 40), Collection privée (n° 41), et Musée Dapper, Paris (n°42). Si l'oeuvre présentée dans cette vacation représente désormais la neuvième figure de reliquaire connue, réalisée par le Maître de la Sébé, il est indéniable qu'elle peut être classée parmi les trois plus belles. Il est certain qu'une page importante de l'histoire de l'art tribal africain s'écrit avec sa présentation au public. Un public que je laisse méditer sur la conclusion de Louis Perrois à propos des figures de reliquaire Kota dans le catalogue de l'exposition de Bruxelles: «A la fois réalistes et abstraites, les figures de reliquaire résument dans leur gravité immuable, le mystère fascinant et inquiétant des rapports ambigüs entre la mort et la vie, c'est-à-dire l'essentiel des préoccupations métaphysiques de la vie des Kota. Le génie de ces artistes apparaît dans le fait que leurs oeuvres, formes ultimes des valeurs socio-religieuses de leurs compatriotes et porteuses de leur imaginaire, nous émeuvent aujourd'hui avec la même force, au-delà des barrières de culture, de langue et d'époque. Messages essentiels de ces rêves perdus de l'Afrique, les mbulu ngulu expriment encore, ici comme là-bas, toute l'ambiguité du destin de l'homme». S'agissant plus particulièrement du Maître de la Sébé Louis Perrois écrivait: «Cet artiste génial, qui a façonné avec soin ces figures de reliquaire était un «maître de la convexité» dans un univers plastique qui privilégiait un peu partout, au nord comme au sud, les expressions concaves, proches d'une sculpture quasiment en deux dimensions, à tout le moins en bas-relief». «Nourri de plusieurs courants de traditions plastiques (...) le maître de la Sébé (...) a voulu et su intégrer dans ses créations originales à la fois la traditionnelle et rigoureuse stylisation linéaire kota (coiffe, bas du visage, piètement, revers) et un discret réalisme (front, orbites) qui reste la marque de son talent». <br><br>Le dossier de datation au C14 de l'oeuvre présentée ici sera remis à l'acquéreur. Soclage: Sylvain Jordan (Marseille). Les photos reproduites ci-dessus sont tirées du livre Mains de Maîtres (cf. bibliographie). Bibliographie: - Pour l'oeuvre de l'ex collection Paul Guillaume (ci-contre), consulter le site: raai.library.yale.edu créé par la Yale University Art Gallery. - Concernant Paul Guillaume, consulter le n° 59, printemps 2011 de la revue Tribal Art. - Pour les oeuvres présentées à l'Espace Culturel BBL de Bruxelles en 2001, consulter: . Mains de Maîtres, catalogue sous la direction de B. De Grunne, Editions BBL, Bruxelles 2001. . Mains de Maîtres: post scriptum, Revue Tribal Art, n° 3, été 2003, pages 88 à 91. - Consulter également: . CHAFFIN Alain et Françoise, L'art Kota, Editions A et F. Chaffin, Meudon, 1979. . PERROIS Louis, Arts du Gabon, Editions Arts d'Afrique Noire, Arnouville, 1979, ORSTOM, Paris. . LA GAMMA Alisa, Eternal ancestors, Metropolitan Museum of Art, Yale University Press, 2007. - Vente LOUDMER, 14 juin 1979, Paris, lot n°116. - Vente GROS-DELETTREZ, 26 mai 1983, Paris, Hôtel Drout, lot n° 147. - Ventes SOTHEBY'S, 10 mai 1988, New York, lot n° 66 et 14 novembre 2008, New-York, lot n° 55. DE L'OMBRE A LA LUMIERE EN PASSANT PAR L'OUBLI A mesure que l'Afrique des cultes ancestraux rejoint l'histoire ancienne, la résurgence des témoins oubliés de leur expression plastique se raréfie. Et quand l'un d'eux réapparaît, c'est l'histoire de la sculpture tribale africaine qui s'enrichit, à fortiori quand il s'agit d'oeuvres rares, anciennes et de qualité. Nourri de cet exil secret les ayant protégées du regard profane, parfois du geste prédateur, leur long vécu tribal apparaît alors dans son authenticité originelle et sa dynamique énergétique la plus sensible. A la faveur de cette double vie secrète leur caractère exceptionnel s'affirme davantage, leur ouvrant les portes de l'étroit corpus des oeuvres majeures de l'art tribal africain. La figure de reliquaire Kota et le masque Fang présentés ici font partie de ces oeuvres. Et le fait qu'elles réapparaissent ensemble, constitue assurément un moment important de l'histoire de la sculpture noire africaine. Se livrant à nouveau au regard d'un public dépassant cette fois le cadre restreint des initiés, elles réactivent leur mission de témoin-messager. Ces deux oeuvres sont les découvertes fortuites de deux passionnés d'antiquités. Mais faute de traçabilité historique, (conditions, lieux et dates de récolte, d'acquisition et de transfert), il fallait compter avec la science pour essayer d'en définir l'âge probable. En effet, et bien que sachant qu'une datation du bois de chacune d'elles par la technique du Carbone 14 ne livrerait pas avec certitude leur âge exact (il faut pour cela que le bois ait plus de 350 ans depuis l'abattage de l'arbre ou de la branche), cette analyse se révélerait néanmoins significative: non seulement pour exclure la possibilité d'oeuvres copiées dans un bois datant d'après 1950, mais aussi pour me fournir des intervalles de dates possibles. C'est donc au laboratoire du Pr Bonani de Zurich qu'a été confiée l'analyse. Le prélèvement des échantillons de bois et leur envoi ont été réalisés par QED Laboratoire d'Aix-en-Provence. Spécialiste des analyses par thermoluminescence, j'avais la certitude, en faisant appel à cet intermédiaire officiel, que ce prélèvement et cet envoi se feraient conformément aux règles scientifiques et juridiques. Un mois après, QED Laboratoire me transmettait les résultats des datations par C14 effectuées par le Pr Bonani, accompagnés des commentaires suivants: 1 - Pour le masque Fang: Age C14 AMS conventionnel: 105 +/- 35 BP Date C14 calibrée: 1680 cal AD - 1939 cal AD L'interprétation de la courbe de densité de probabilité de la date calibrée permet de proposer deux intervalles de datation avec les probabilités suivantes entre 1680 cal AD et 1764 cal AD: 30,5% entre 1801 cal AD et 1939 cal AD: 64,9% 2 - Pour la figure de reliquaire Kota: Age C14 AMS conventionnel: 230 +/- 35 BP Date C14 calibrée: 1529 cal AD - 1955 cal AD L'interprétation de la courbe de densité de probabilité de la date calibrée permet de proposer quatre intervalles de datation avec les probabilités suivantes entre 1526 cal AD et 1555 cal AD: 3,9% entre 1632 cal AD et 1685 cal AD: 40,3% entre 1732 cal AD et 1808 cal AD: 39,1% entre 1928 cal AD et 1955 cal AD: 12,2% «Les résultats sont donc compatibles avec des bois anciens». QED Laboratoire (04 42 92 28 74). Questionnant QED Laboratoire sur la datation scientifique de la figure de reliquaire Kota, en comparaison de certaines datations historiques situant ce type d'objet entre 1750 et 1860, son directeur me répondait: «nous pouvons être certains que l'échantillon de bois date d'avant 1955 AD. Si la chronologie admise par la littérature pour de tels objets est comprise entre 1750 et 1860, les résultats de l'analyse C14 sont parfaitement compatibles. L'intervalle plus ancien 1632-1685 avec une certitude de 40,3 % n'est certes pas négligeable mais peut être expliqué (si la date se trouve réellement dans cet intervalle) par l'utilisation non pas d'un bois ancien de récupération, mais du coeur d'un arbre qui pouvait avoir déjà 100 ou 150 ans lors de son utilisation». A la faveur de ces analyses et commentaires scientifiques, tout permet de penser que la figure de reliquaire Kota pourrait être plus ancienne que ce que permettaient de supposer les données historiques rassemblées à ce jour, à partir des oeuvres du même type déjà connues. De son côté, le masque Fang appartient à l'étroit corpus des masques Ngil anciens d'usage rituel. C'est en cela aussi que la résurgence, en un même lieu et à un même moment, de ces deux chefs d'oeuvres issus d'une même contrée, constitue un événement majeur pour la recherche historique et scientifique, mais aussi pour le marché de l'art tribal africain. D'autant que ces sculptures comptent parmi les plus rares, les plus belles et les plus convoitées. <br>Bernard Roque.<br><br>
<br>Kota Gabon<br><br>Imposante figure de reliquaire, <br>à l'expression féroce, <br>souligné par une bouche au Rictus agressif. <br>Beau traitement de l'arête frontale en relief dans l'alignement du nez. <br>Correspond au groupe N°17 de la typologie Chaffin.<br>Bois et cuivre repoussé.<br>Haut.: 67 cm<br><br>Bibliographie: <br>«Arts primitifs dans les ateliers d'Artistes», Musée de l'homme, Paris, 1967, reproduit sous le numéro 39.<br><br>
<br>Byeri Fang N toumou - 
Gabon<br><br>

Bois dur, patine foncée suintante par endroits<br>
Traces d ancien vernis, accidents au bras, <br>cassures visibles, collages<br>
Hauteur : 52 cm<br><br>

Provenance : <br> - Rapporté en 1919 par un militaire français, Monsieur Maurice Colomb, <br>en poste au Gabon de 1916 à 1919, et resté depuis dans la famille.<br><br>
Importante figure de reliquaire représentant l ancêtre masculin du clan dans une attitude évoquant la réflexion. La sculpture est traitée en ronde bosse harmonieuse mettant en évidence la musculature puissante du personnage, cet effet étant renforcé par l importance donnée à la tête massive. Le visage est serein, les traits estompés par l usage, le menton repose sur la main droite elle-même tenue de la main gauche. La coiffe, sculptée très en retrait du grand front bombé, est composée de nattes se rejoignant en pointe à la nuque, elle est percée latéralement d un orifice de fixation de plumet montrant les traces d un long usage rituel. Les oreilles concaves sont marquées d un épais tragus triangulaire. Le dos est creusé d un sillon vertébral des omoplates au pli fessier. Le trépied de fixation cylindrique est fonctionnel, permettant de maintenir solidement la statue sur le coffre reliquaire comme de l exhiber aussi en tant que marionnette dans les rituels liés au culte des ancêtres. Le visage, les mains, le nombril et le sexe portent des traces de rognures et de mutilations, certaines rituelles, d autre probablement dues aux rongeurs attirés par la matière huileuse qui couvrait la statue. Il est probable que la patine d origine, trop suintante, ait été altérée partiellement par l application de vernis.<br><br>
Note : <br> Ce magnifique byeri d une exceptionnelle stature présente une gestuelle rare dans l iconographie Fang, dont on connaît cependant d autres exemples : celui de la vente Loudmer, Paris Drouot, 20 décembre 1974, n° 164, rapporté par un officier français de la Mission Marchand (1897-1898) vers 1900, et celui de la collection Paul Guillaume, vente Christie s, Paris, 8 décembre 2004.
Ce lot est vendu en collaboration avec la SVV Gros - Delettrez.<br><br>
<br>TÊTE D HOMME AU CRANE RASE.<br><br>Tête de statue représentant un homme, le crâne glabre, au volume bombé et allongé en hauteur.<br>Les traits du visage sont juvéniles, les joues rondes et la bouche animée d un léger sourire.<br>Les yeux, traités de manière organique, délicatement modelés et fendus en amande, sont surmontés des arcades sourcilières saillant à peine du volume formé par le front et le crâne.<br>Les paupières sont à peine marquées, sans trait de fard. Le nez, relativement court, est légèrement épaté ; le sillon labio-nasal est indiqué et surmonte la bouche souriante.<br>Les oreilles sont dessinées avec minutie. L arrondi du visage s achève par un menton peu marqué dont le profil inférieur rejoint le cou puissant.<br>À l arrière, reste du pilier dorsal trapézoïdal, au sommet incliné.<br>Quartzite rouge (grès silicifié conglomératique).<br>L œuvre présente une surface cristalisée du fait de son long enfouissement, atténuée par une application d huile minérale.<br><br>Égypte, IVe siècle av. J.-C., début de l Époque Ptolémaïque.<br>Hauteur : 21 cm.<br><br>Acquis dans les années 1960.<br>Selon R. Saïd (The Geology of Egypt, Rotterdam, 1990) la quartzite rouge violacé est caractéristique du Gebel Ahmar dans la banlieu orientale du Caire/<br>Une tête similaire, issue très probablement du même atelier, est conservée au musée du Louvre, inv. E 22760.<br><br>Cette œuvre sera mentionnée par Monsieur Olivier Perdu dans le catalogue des statues tardives du musée du Louvre (à paraître).<br><br>
<br>Byeri Fang Ngumba<br>
Sud Cameroun<br><br>

Bois, métal, dents humaines<br>
Patine brun foncé, accidents et restaurations, manques<br>
Hauteur : 54,5 cm<br><br>

Provenance : <br> - Ancienne collection Félix Faure, Ministre des colonies (1883), <br>Président de la République française (1895-1899)<br><br>
Rare figure de reliquaire représentant l ancêtre masculin du clan, tenant des deux mains un sifflet magique. La sculpture est géométrique, le corps est cylindrique, les membres stylisés : épaules droites, bras pliés à angle droit, hanches arrondies, jambes courtes. La tête sur le long cou est arrondie, surmontée d un petit chignon sommant la coiffe à deux nattes latérales et à long couvre-nuque. Le visage dessine un cœur concave, la bouche large protubérante est ouverte, armée de petites dents, au-dessus de la barbiche en palette. Les yeux sont incrustés de dents humaines de même que le front et le sternum. La statuette est décorée de plaques de laiton au repoussé de motifs géométriques pointillés, elles enveloppent le cou d une large bague, les épaules et les biceps, et tracent un motif rayonnant autour de l ombilic saillant cylindrique. Des ornements de même type couvraient autrefois certaines parties du visage et du corps. Au dos, le trépied de fixation est une restitution.<br><br>
Très belle figure de reliquaire empreinte de hiératisme dont la puissance magique est renforcée par les inclusions de reliques humaines.<br><br>
Note : <br> Plusieurs byeri d un type approchant sont reproduits dans : - Perrois, Statuaire fan, Musée de Leipzig, 1972, page 168 n° 85 ; - Perrois, Byeri Fang, Sculptures d ancêtres en Afrique, Marseille, 1992, pages 84 à 100 ; - Musée Dapper, Fang, 1991, pages 138-139.<br><br>
<br />APPUI-TÊTE YAKAYAKA HEADREST<br />RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO<br /><br />Bois, métal<br />Dimensions: 17 x 19 cm.<br />$ 46,000-68,000<br /><br />PROVENANCE : <br /> - Marcel Coard, Paris, France, 17 juillet 1934 Charles Ratton, Paris, France<br /> - Collection Madeleine Meunier, Paris, France, avant 1964<br /><br />EXPOSITION : <br /> Paris, La Sculpture des Noirs de l'Afrique, Théâtre Edouard VII, 15 décembre 1936 - 17 janvier 1937.<br /><br />PUBLICATION de Grunne B., Tribal Fine Arts, New York, 2008, p.30, # 10A la fin de l'année 1936, Charles Ratton fut sollicité par le cinéma parisien Edouard VII pour organiser une exposition d'arts d'Afrique à l'occasion de la projection d'un film américain intitulé «The Green Pastures». Le fait que le personnage de Dieu soit interprété par un acteur noir choqua et le film fut considéré comme subversif et censuré dans certains pays d'Europe. En France, l'écho fut plutôt favorable. Pour l'occasion, Ratton regroupa une centaine d'oeuvres d'Afrique provenant des collections parisiennes les plus réputées: celles d'Helena Rubinstein, Geneviève Pichard, Ernest Ascher, Paul Colin, André Delcourt, Félix Fénéon, Bela Hein, Le Véel, Jacques Lipchitz, Pierre Loeb, Louis Marcoussis, Anthony Moris, Robert Ochsé, Galerie Percier, Tristan Tzara, André Level.Ratton lui-même était le prêteur principal.La rapidité avec laquelle l'exposition fut montée (en moins d'une semaine) empêcha malheureusement la publication d'un catalogue, mais grâce à l'existence du document de réception de l'exposition nous savons que cet appui-tête Yaka en faisait partie (communication personnelle, Jean-Louis Paudrat, 30/08/2016).Cet appui-tête fut vraisemblablement sculpté par le même artiste qui réalisa également celui de l'ancienne collection Bela Hein (1883-1931) vendu à Paris en 2004 (Fraysse et Associés, 8 décembre 2004, lot 47) et en 2013 (Sotheby's, 18 juin 2013, lot 4).Avec un talent remarquable, le sculpteur de ces deux appuis-tête a traduit, dans l'équilibre de la composition et la tension des lignes, l'élégance du félin et la tension de la pose. Dans l'exemplaire de Ratton, cette dynamique est encore renforcée par l'encoche réalisée au milieu de la base; un élément unique. Autre différence avec celui de BelaHein: la direction de la queue; elle n'est pas dirigée vers le bas mais reliée au support. Enfin, la puissance féline est accentuée par la présence d'un grand sexe masculin. Les nuances de la patine brune miel témoignent de son usage prolongé.Ces appuis-tête étaient à la fois des objets fonctionnels et spirituels, avant-tout utilisés par un chef pour préserver sa coiffure élaborée pendant le sommeil. L'iconographie des appuis-tête musawu - dont la très grande variété des sujets puise dans la figuration humaine, animale ou domestique - est associée aux éléments de la pensée Yaka et à l'identité de leurs propriétaires (Bourgeois A., Sleeping Beauties, Los Angeles, 1993, p.55).La figure de caryatide de cet appui-tête combine la représentation du léopard Ngo à un visage aux traits humains.Selon Bourgeois (in Falgayrettes-Leveau C., Animal, Paris, 2007, p. 299 et 312), au sein du riche bestiaire utilisé dans l'art Yaka - soulignant la relation métaphorique entre l'imagerie animale et l'identité masculine - «la représentation du léopard Ngo [...] est rarement sculptée en bois, à l'exception, notable, des appuis-tête»<br /><br />
<br>Figurine dite poupée, <br>symbole de fécondité, <br>représentant une femme stylisée.<br><br>
Elle est entièrement confectionnée au moyen de fibres végétales. <br>Le cou est paré d un large collier ousekh composé de petites perles et elle porte à sa jambe gauche un ornement de cheville. Une multitude de longues tresses de cheveux, chacune terminée par de petites perles bleues, se rattache au cou, la tête étant volontairement omise. (Extrêmement rare).
Fibres de lin, terre siliceuse glaçurée et turquoise.
Voile calcaire et irisation des perles.
Quelques fibres brisées et quelques tresses de cheveux lacunaires, sinon très belle conservation.<br><br>

Égypte, Beni Hasan, Moyen Empire, XIIe dynastie.<br>
Haut (sans les cheveux) : 12 cm<br><br>

Collection particulière (Paris).<br>
Ancienne collection Hilton Price, n° 4843, pl. XXX, Londres, 1897, où elle est dite provenant de Beni Hasan.<br><br>

Un modèle proche de celui-ci est conservé au Myers Museum, Eton College, n° ECM 1843.<br><br>

Bibliographie :<br>
F. Dunn Friedman, Gifts of the Nile, Ancien egyptian faience , Londres, 1998, p. 107 et 206.<br><br>
<br />STATUE KUYUKUYU STATUE<br />RÉPUBLIQUE DU CONGO<br />Bois<br />Hauteur: 65 cm.<br />$ 68,000-91,000<br /><br />PROVENANCE : <br /> - Collectée par Aristide Courtois, avant 1938<br /> - Collection Madeleine Meunier, Paris, France, avant 1964<br /><br />PUBLICATION : <br /> Bénézech A.M., So-called Kuyu Carvings, African Arts, Vol. XXII, no1, 1988, p. 55, fig.4Bénézech A.M., L'art des Kouyou-Mbochi de la République Populaire du Congo. Tradition Artistique et histoire, Thèse d'anthropologie de l'art, Université Paris 1 Sorbonne, 1989, tome 4, p. 569, n° 4.Répertorié par Anne-Marie Bénézech comme de style I et provenant de la Likouala-Mossaka au Nord-Congo. <br /><br />Les caractéristiques: tête allongée, bouche fermée, coiffe en pointe de diamante, scarifications et points sur les tempes, boutons chéloïdes dans la nuque, bras non scarifiés, collier façon perles, jupette plissée, épaules et colonne vertébrale surlignées de blanc, et cinq anneaux de cheville.Une grande partie de sa polychromie d'origine est intacte: le corps est ocre, le bas du visage, les scarifications du front, le nombril, les anneaux de cheville, le cerne des épaules et de la colonne vertébrale sont blancs, la bouche rouge ainsi qu'une partie des scarifications frontales; les creux entre les scarifications, la coiffe et les plis de la jupette sont bruns.La fonction des statues dans les rituels anciens semble mal définie, sans doute était-elle liée au culte des ancêtres.Selon un commentaire de Bénézech (p. 562) la position des bras implique un sens de communication avec les esprits s'ils sont repliés vers le haut; en revanche, les statues aux bras étendus le long du corps sont accessibles et disponibles aux autres.L'art KuyuPar Anne-Marie Bénézech, AnthropologueOn sait qu'Aristide Courtois, Administrateur des Colonies au Moyen Congo, rapportait lors de ses congés pas moins de 800 kilos de marchandises1.Très tôt il fut en contact avec Paul Guillaume à qui il vendit des objets. Après la mort de Guillaume en 1934, Charles Ratton devint son acheteur principal.A son retour définitif en France, le 1er novembre 1938, il vendit presque aussitôt une grande partie de ses objets kuyu aux deux marchands visionnaires de l'époque, Charles Ratton d'abord et Pierre Vérité ensuite vers 1944.On sait aussi, grâce à ses états de service, les périodes où Courtois fit de longs séjours dans la région où vivent les Kuyu2 et ainsi, que sa collecte a eu lieu entre 1913 et 1934, avant que les missionnaires ne se soient installés dans le Nord Congo3. Bien qu'il n'ait laissé aucune note sur le contexte de leur emploi, les objets prenaient sens dans un même système de règles qui dictent l'organisation sociale, les conduites morales, les rituels mais aussi la vie quotidienne. Ils recèlent donc les archives de cette population d'avant la colonisation.Les quatre objets présentés ici, deux statuettes et deux têtes ont été ramenées par Courtois comme l'ont constaté non seulement Charles Ratton mais aussi Madeleine Meunier. Les quatre pièces en question sont encore coloriées de rouge, de noir et de blanc, même si le rouge a un peu passé. Et deux d'entre elles viennent probablement de sculpteurs ayant appartenu à la même «école» car le travail est très semblable.Le quatrième objet ou seconde statuette vient peut-être d'une autre source de Charles Ratton que l'administrateurCourtois, car elle n'a pas l'air de correspondre à la sensibilité de ce dernier quand on la compare à l'ensemble très homogène des pièces qu'il a rapportées, beaucoup plus scarifiées et coloriées si l'on en juge par les trésors de la vente Vérité (Drouot, 17 et 18 juin 2006) et les objets kuyu du musée Dapper (Exposition Formes et couleurs, 1er avril-15 septembre 1993). Cette dernière statue est toutefois d'une grande qualité et certainement très ancienne.Elle s'apparente à celle rapportée par le Gouverneur Georges Thomann dans les années 1910-1914, (Drouot Montaigne, 16 octobre 1989), toutes deux très scarifiées.Les objets ci-contre, têtes et statuettes, appartiennent au style I (on a pu en répertorier trois par analyse morphologique) et se distinguent en particulier des «kébé-kébé» plus connus, et appartenant eux, au style III4. L'homogénéité des têtes du style I provient de leur coiffure et de leur mode de rehaussement. La plupart d'entre elles ont le haut du crâne percé de trous dans lesquels on a trouvé des traces de cheveux ou de fibres. Si toutes ont la même échancrure dans la nuque, elles ne sont pas toutes bouclées car certaines ont la chevelure en «pointe de diamant» ou carrément lisse. L'embase, elle, est séparée du collier par une gorge dans laquelle venait se fixer une longue robe en raphia. Cette embase, pleine, est percée en son centre d'un trou profond mais de petit diamètre. On la qualifie de féminine car elle était destinée à accueillir une tige de bois ou de métal pour rehausser la tête, en opposition au manche des kébé-kébé, monoxyle lui aussi, dit masculin. Ces têtes du style I n'ont jamais été des kébé-kébé, c'est-àdire des marottes qui dansent. Selon les anciens sur le terrain, il s'agirait d'«Etata» qui défilaient pour annoncer la fin de cérémonies importantes.La statuaire kuyu apparait frontale et symétrique. Le corps comme pétrifié est très équilibré mais fort peu délié. Il parait à première vue cylindrique dans la mesure où certaines pièces n'ont, de face, pas de cou. De dos par contre, la coupe des cheveux rasés haut, met en valeur cette partie de l'anatomie ornée de surcroît de deux gros boutons chéloïdes.Les bras à peine inscrits, prolongés de doigts très souvent réduits au nombre de quatre, sont repliés vers les seins pour indiquer que le chef est en communication avec les ancêtres, ou le long du corps pour dire qu'il est disponible. Les jambes au contraire, sans forme précise de face malgré des anneaux de chevilles, présentent de profil des muscles surdéterminés au galbe incisif et nerveux.Enfin les pieds, solides, sont eux, peu découplés. Pour cette statuaire du style I il est important de s'arrêter sur le décor des troncs.Les zones anatomiques soulignées par les scarifications et/ou la couleur sont identiques d'un sexe à l'autre. Une jupette comme un plissé mouillé épouse la ligne souple du corps.La physionomie des visages est la même sur les statues et les têtes: yeux ouverts avec pupille, séparés par un nez épaté sans narines, bouche lippue aux lèvres rabattues pour en rendre toute l'épaisseur, fermée quelques fois mais découvrant le plus souvent des dents à l'allure de grille. Des signes scarifiés surdéterminent le haut du visage par un bandeau qui ceint le front et par des cernes ou des points très en relief qui investissent largement les tempes et parfois une partie des joues.Enfin, 11 têtes sur les 18 connues, ont un riche collier évoquant des cauris et sous le menton des griffes de panthère, comme sur les exemples ci-contre. Les autres ont un collier travaillé comme du métal. Par contre les statues sont pourvues de colliers à la façon des perles de traite.Notes1 Archives d'Aix en Provence. 7 cantines (linge et effets) pour 194 kg, 1 ballot (literie) pour 32 kg et 9 caisses (personnel, usagés) pour 575 kg Les frais étaient remboursés jusqu'à 500 kg par l'Administration. En 1930 il avait ramené 39 colis pour 1950 kg.2 Voir l'article de Pierre Amrouche, «Aristide Courtois, le brûleur de cases», in Arts et cultures, Genève, 2006, pp. 180-189.3 Les Pères du Saint Esprit ne s'installèrent à Makoua qu'après 1930. Pourquoi ce choix de Makoua plutôt que Fort Rousset, le chef lieu de la Likouala Mossaka (et fief des Kuyu) ? Simplement parce que jusque dans les années 1950 les Eglises catholique et protestantes n'avaient pas pris réellement pied dans cette cité.4 A.-M. Bénézech, L'art des Kuyu-Mbochi de la République populaire du Congo, Thèse de doctorat, Paris I Panthéon-Sorbonne, 1989<br /><br />
<br>Statue Dogon -
Mali<br><br>

Bois dur à patine sombre brillante,<br> suintante par endroits, accidents et manques<br>
Hauteur : 118 cm<br><br>

Provenance : <br> - Ancienne collection René Rasmussen <br>
- Musée Barbier-Mueller à Genève, n° d inventaire 1004-013<br><br>

Bibliographie : <br> Werner Schmalenbach, Art de l Afrique Noire - dans la collection Barbier-Mueller, Editions Fernand Nathan, Paris, 1988, page 58, reproduit<br><br>
Importante statue d ancêtre masculin, debout sur une base circulaire bombée, les bras levés au ciel dans un geste rituel d imploration au dieu fondateur Amma.<br><br>
La sculpture exprime la force dans le traitement harmonieux des volumes et le rythme des formes, et l intériorité par la concentration des traits du visage.
Les mains et les pieds sont digités, les membres musclés, le fessier et les hanches arrondis, l abdomen long en bulbe est marqué d un ombilic saillant, le sexe est bien dessiné. La poitrine haute et saillante s orne d un beau collier pectoral classique composé de plaques rectangulaires montées sur un lien, représentant probablement des plaques de métal ou des amulettes en cuir. Des bracelets sont sculptés aux poignets. Haute sur le cou cylindrique, la tête est dolichocéphale, surmontée d un chignon en cône inversé, la chevelure rase et la barbe en collier cernent la face dans une mandorle irrégulière. Les yeux sont rapprochés, le nez long terminé en pointe de flèche, la bouche protubérante ouverte.<br><br>
Une très belle patine épaisse couvre toute la surface de la sculpture, suintante par endroits, persistance des offrandes multiples reçues pendant des générations par cet objet sans doute très vénéré comme l étaient toutes les grandes statues Dogon. Selon la classification d Hélène Leloup, cet objet s apparente au style Tintam et peut se comparer à plusieurs pièces importantes reproduites dans son ouvrage Statuaire Dogon, 1994. <br><br>Cf. La statue du Rautenstrauch Joest Museum für Völkerkunde, Cologne, page 102 ; ainsi que celle de l Indiana University Art Museum, Bloomington, fig. 103.<br><br>
Les grandes statues Dogon sont particulièrement rares. <br>René Rasmussen, ancien propriétaire de l objet, en acquit un certain nombre dans les années cinquante lorsqu elles furent sorties d Afrique par des marchands maliens et par quelques célèbres voyageurs comme Emile Storrer. <br><br>Aujourd hui, la plupart de ces grands objets sont dans les musées. Des datations des bois permettent maintenant de mettre en évidence la grande ancienneté de ces statues, le soin avec lequel elles étaient conservées leur ont permis de traverser les siècles. Un objet comme celui-ci peut avoir deux ou trois cents ans.<br><br>
<br>Statue Bambara de Ségou Mali<br><br>

Bois teinté noir, cuivre, perles de verre
<br>Accidents (collages)<br>
Hauteur : 56,5 cm<br><br>

Elle représente un jeune homme, assis sur un tabouret à quatre pieds, le corps aux formes géométriques. La tête au visage aigu, projeté en avant, porte une coiffe à chignon conique, le front et les joues sont couverts de marques rituelles, les yeux sont représentés par des clous de cuivre, le nez est exagérément busqué. Les mains forment de larges palettes digitées, une ceinture est sculptée à la taille. Une boucle de fer orne l oreille gauche. Un collier de perles entoure le cou. Au bas des jambes solides, les larges pieds sont digités en griffes. Au dos apparaît un très beau travail de chignons en couvre-nuque, entre les belles oreilles triangulaires et le globe parfait du fessier creusé d un profond sillon. Toute la statue est couverte d un épais engobe noir, laissant affleurer par endroits la teinte miel du bois. Ancienne patine.<br><br>
Superbe et rare statue Bambara d un style classique, identifiée comme provenant des environs de Ségou au sud du Mali. Elle représente le mari d une Jonyeleni. Ses formes symbolisent son aptitude au travail par les mains larges et les pieds puissants. Les tatouages sont un élément supplémentaire de séduction. Lors des cérémonies rituelles du «Jo», ces figurines sont exhibées de villages en villages par les membres de la société initiatique (Bamana - The art of existence in Mali, Zurich, 2001, page 154).<br><br>
De longue date, ces statuettes ont séduit les amateurs, certains fameux comme Henri Matisse qui en possédait une très semblable ; Allen Wardwell de l Art Institute of Chicago a publié vers 1970 sur ces sculptures de Ségou une étude précise où il reproduit plusieurs figurines assises très proches. <br><br>Toutes ces pièces ont en commun un certain hiératisme, une patine noire épaisse, des adjonctions de cuivre, et des scarifications profondes. Comme la statuette du British Museum (Wardwell, page 113, n° 3), notre exemplaire présente un travail remarquable d inventivité au visage, les oreilles sont admirables, et le tombé des omoplates exceptionnel <br><br>
<br>Masque Mukuyi, Punu - Tsangui
Gabon <br>- République Démocratique du Congo<br><br>

Bois, polychromie : rouge, noir, blanc<br>
Accidents, manques<br>
Hauteur : 24 cm<br><br>

Provenance : <br> - Collection Lebel, Paris
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Le visage aux traits fins : yeux fendus et bouche épaisse, est peint au blanc de kaolin. Il est orné de plusieurs motifs : une double réserve au front, une chaînette doublée de pointillés à mi-face, un liseré qui épouse la racine de la coiffe se poursuivant le long du visage, encadrant les oreilles et finissant aux maxillaires. Une petite poignée, aujourd hui disparue, devait terminer le masque en mentonnière. Les décors du visage sont peints au rouge de padouk. La coiffe haute, composée de chignons finement peignés, était noircie au fer rouge et à la poudre de charbon de bois.<br><br>
Superbe masque d un type rare, la perfection du style et l oxydation du bois (kapokier) permettent d en situer l exécution probablement au XIXe siècle. L équilibre du visage, de la coiffe et la précision du trait montrent que nous sommes en présence de l œuvre d un maître.<br><br>
A noter que la large collerette de fixation de parure est percée de multiples trous, ce qui est caractéristique des masques Tsangui, en opposition avec le mode de percement des masques Punu classiques. Les masques Tsangui sont plus fréquents au Nord Congo qu au Gabon, pays d où ils sont, cependant, censés provenir <br><br>
<br>Exceptionnelle porteuse de coupe LUBA dite “Mboko” ou “Kabila”,<br> République Démocratique du Congo<br><br>
Bois mi-dur, les bras et les jambes brisés très probablement rituellement lors de sa cession ont été anciennement recollés à la cire, XIXe siècle.<br>
Haut. : 34 cm<br><br>

Provenance : <br> - Collectée dans les années 1940.<br><br>

Cette sublime porteuse de coupe est l\ œuvre d\ un maître sculpteur et témoigne d\ un style à la fois classique et archaïque où l\ artiste tout en respectant les codes établis transcende les canons imposés, comme par exemple le rythme donné au traitement des pieds ou l\ élégance du traitement des scarifications abdominales et dorsales, jonglant entre naturalisme (traitement des mains) et stylisation.<br><br>
Au sujet de cette oeuvre, François Neyt de l\ Université Catholique de Louvain nous dit : “cette magnifique coupe provient de la région septentrionale de la dépression de l\ Upemba, au nord de Mulongo, dans les environs d\ Ankoro” et nous explique aussi “La porteuse de coupe invoque et supplie des esprits et les génies de l\ univers à répondre à son intercession. C\ est la démarche des voyants, des devins. <br><br>
La nomenclature des termes utilisés éclaire le sens de l\ objet”.“Kabila signifie littéralement “celle qui implore, celle qui appelle La voyante s\ apprête à entendre la voix redoutable des génies mvidye”. L\ autre terme plus usité au centre du pays luba est Mboko signifiant le bras. Image du corps humain qui a pour fonction de relier les hauteurs des cieux à la profondeur de la terre. La femme luba, par ses bras tendus tenant la coupe, semble briser la voûte étoilée du ciel et appelle les génies à résider un court moment dans le réceptacle de la coupe.<br><br>
JL <br><br>
<br>Tabouret à cariatide Luba<br>
République Démocratique du Congo<br><br>

Bois mi-dur<br>
Exceptionnelle patine ancienne laquée noire <br>laissant apparaître par endroits la veine blonde du bois<br>
Petite restitution à la base, rebouchages
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Hauteur : 50 cm (19 3/4 in.)<br><br>

Provenance :<br>
- Inventaire d expertise de la collection René Gaffé du 16 décembre 1952, fait par Charles Ratton, n° 29<br>
- Ancienne collection René Gaffé, vente Artus associés, Calmels Chambre Cohen, Guy Loudmer consultant, Paris, 8 décembre 2001, n°18, reproduit<br><br>

Importante sculpture de femme aux bras levés portant le siège circulaire, les jambes repliées sur les côtés épousant la base. Le visage au grand front bombé s orne d un frontal nervuré en relief et de scarifications aux tempes. Naturalistes, les traits sont fins : oreilles découplées à tragus triangulaire, yeux mi-clos, bouche entrouverte.<br><br>
Le cou puissant s élève des larges épaules, les bras élancés, les mains fortes aux longs doigts aux extrémités débordant légèrement du siège. L abdomen sous la lourde poitrine est constellé d épaisse scarifications, du sternum au pubis, rayonnantes autour de l ombilic proéminent. Les jambes repliées curvilignes montrent la plante des pieds et les orteils. Le dos large et incurvé s orne au sillon interfessier de scarifications en relief. A l arrière de la tête, une coiffe en croix du Katanga est sculptée.<br><br>

Emblèmes royaux, les sièges à cariatide Luba sont identifiés en plus de sept groupes stylistiques distincts (F. Neyt, Luba aux sources du Zaïre, Musée Dapper, Paris, 1993, p.77). Tous représentent une femme, parfois tenant un enfant. Ils permettent au souverain de ne pas toucher la terre, sauf par l intermédiaire de la femme (op. cit. p. 104). La cariatide Gaffé, par ses volumes pleins et son naturalisme, se rapproche du style de l atelier de Kisala-Mwanza dont un exemplaire fait partie des collections du Musée de la Nouvelle-Orléans (op. cit. reproduit p. 80). On peut aussi la comparer, surtout pour la position des mains, aux cariatides de l atelier de Lukulu-Kiambi (op. cit. p. 88).<br><br>
A l intérieur des canons précis du style Luba, la cariatide Gaffé se distingue par l ampleur de ses formes et leur modelé mis en valeur par sa laque noire superbe. Sa large poitrine, caractéristique peu commune, ajoute à son originalité remarquable.<br><br>